

Présenté le 10 mars 2025, le PNACC-3 est le premier plan national d'adaptation construit sur une trajectoire de réchauffement de référence (TRACC) : +4 °C en France métropolitaine en 2100 par rapport à l'ère préindustrielle. Sa mesure 9 porte sur l'adaptation des logements au risque de fortes chaleurs.
Le PNACC-3 est un plan d'action de l'État, pas une obligation directe pour chaque propriétaire de bâtiment. Ses 52 mesures s'adressent à l'ensemble des acteurs : particuliers, collectivités, entreprises. Pour la chaleur dans les bâtiments, plusieurs mesures concernent les gestionnaires de patrimoine.
Sa mesure 9, « Adapter les logements au risque de fortes chaleurs », prévoit notamment d'étudier, en 2026-2027, une condition « confort d'été » dans les financements de rénovation du parc social. La mesure 12 intègre le confort d'été dans les rénovations énergétiques du parc immobilier de l'État, et les collectivités sont invitées à faire de même pour leurs bâtiments publics. La mesure 28 (écoles et crèches) promeut des travaux de confort d'été éligibles au Fonds vert. La mesure 29 (établissements de santé et médico-sociaux) en est au stade de l'étude et de l'inventaire du parc : les financements ne seront orientés qu'après une étude de vulnérabilité.
Le troisième plan national d'adaptation au changement climatique a été publié le 10 mars 2025. Il s'appuie sur une trajectoire unique de réchauffement de référence (TRACC) : +2 °C en 2030, +2,7 °C en 2050 et +4 °C en 2100 en France métropolitaine, par rapport à l'ère préindustrielle. Cette trajectoire est désormais inscrite dans le code de l'environnement (art. R. 229-1), et ses niveaux sont fixés par l'arrêté du 23 janvier 2026. Le plan organise 52 mesures réparties en cinq axes.
Dans sa mesure 9, le PNACC-3 prévoit de mener des évaluations multicritères de certaines technologies favorables au confort d'été, comme la végétalisation et « l'utilisation de revêtements réflectifs sur toiture », afin de « mieux appréhender leur pertinence technique, économique et environnementale ». Il s'agit d'une évaluation, pas d'une recommandation.
Le volet consacré aux revêtements réflectifs est une étude que la DHUP (ministère chargé du logement) a confiée au CSTB ; elle répond aussi à l'article 45 de la loi n° 2023-175 du 10 mars 2023. Transmise au Parlement au printemps 2025, elle a été publiée le 20 mai 2026. Elle porte sur les bâtiments tertiaires, principalement sur des peintures réfléchissantes, et conclut que leur généralisation sur les toitures ne semble pas une solution efficace. Elle relève en revanche un intérêt possible dans des cas spécifiques, notamment en zone chaude (pourtour méditerranéen, outre-mer) et pour des bâtiments faiblement isolés à faible surface vitrée (commerces, entrepôts, data centers).
Ce n'est ni une reconnaissance ni un financement : le PNACC-3 ne crée pas d'aide dédiée et n'oriente ni le Fonds vert ni les aides régionales vers les revêtements réflectifs. L'étude publiée en mai 2026 le précise : sur une toiture peu ou pas isolée, l'isolation est beaucoup plus efficace, le revêtement réflectif venant en complément lorsque l'épaisseur d'isolant est limitée ; sur des bâtiments aux caractéristiques moyennes, les coûts dépassent largement les gains. Son intérêt se concentre sur des cas précis qui cumulent plusieurs conditions : toiture sombre, bâtiment de plain-pied ou dernier étage, isolation de toiture faible, peu de vitrage, zone climatique chaude (par exemple H3). Même dans le cas le plus favorable étudié, l'étude n'assure pas l'équilibre économique de l'investissement.
Côté financement, rien d'automatique. En métropole, la seule fiche CEE qui vise les revêtements réflectifs, BAT-EN-112, est réservée aux bâtiments tertiaires à usage commercial dont le chaud et le froid sont produits par pompe à chaleur, et le revêtement doit couvrir un volume climatisé. Écoles, hôpitaux, EHPAD et logements sociaux en sont exclus, mais les CEE restent mobilisables, sous conditions, pour la couche d'isolation. Le Fonds vert est réservé aux collectivités et à leurs groupements, et les bailleurs sociaux en sont exclus. En métropole, la liste des gestes « confort d'été » du Fonds vert (édition 2026, version de juillet 2026) ne comporte aucun geste en toiture : un revêtement réflectif ne peut y entrer qu'au sein d'un projet de rénovation énergétique global visant, pour un bâtiment tertiaire, au moins 40 % d'économie d'énergie finale, à l'appréciation du service instructeur.
Pour un gestionnaire de patrimoine public, l'argument doit donc rester précis : la pertinence d'un revêtement réflectif se démontre bâtiment par bâtiment. C'est pourquoi nous réalisons une étude préalable, puis des mesures de température avant et après chantier, et vérifions l'éligibilité aux aides au cas par cas.
Page mise à jour le 24 septembre 2026. Ces dispositifs évoluent : vérifiez les conditions en vigueur auprès de l'organisme concerné avant d'engager un dossier.