

Bureaux, ateliers, entrepôts, établissements recevant du public : quand les locaux surchauffent, l'employeur a des obligations précises, renforcées par un décret de 2025. Ce que disent les textes, et ce qu'ils impliquent pour le bâtiment.
Le Code du travail ne fixe pas de température maximale, mais il impose que les locaux fermés affectés au travail soient maintenus, en toute saison, à une température adaptée à l'activité. Depuis le décret du 27 mai 2025, l'employeur doit aussi évaluer les risques liés aux épisodes de chaleur intense — à partir de la vigilance jaune canicule de Météo-France — et, si cette évaluation identifie un risque, définir des mesures de prévention ; parmi les leviers que cite le texte figurent des moyens techniques pour réduire le rayonnement solaire sur les surfaces exposées. L'INRS propose 30 °C pour un travail sédentaire et 28 °C pour un travail physique comme repères pour agir, sans valeur réglementaire.
L'article R4223-13 du Code du travail, dans sa version en vigueur depuis le 2 juin 2025, dispose que les locaux fermés affectés au travail sont, en toute saison, maintenus à une température adaptée compte tenu de l'activité des travailleurs et de l'environnement dans lequel ils évoluent. Côté conception, l'article R4213-7 prévoit que les équipements et caractéristiques des locaux de travail sont conçus pour permettre l'adaptation de la température à l'organisme humain pendant le temps de travail.
Aucun texte ne fixe de seuil. L'INRS le rappelle : la réglementation ne prévoit pas de température à partir de laquelle il convient d'agir, ni au-delà de laquelle il serait interdit de travailler. Il indique que 30 °C pour une activité sédentaire et 28 °C pour un travail nécessitant une activité physique peuvent être utilisés comme repères pour agir en prévention, certaines situations pouvant toutefois être dangereuses en dessous de 28 °C.
Le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 a créé dans le Code du travail un chapitre consacré aux épisodes de chaleur intense (articles R4463-1 à R4463-8). L'épisode est défini par référence au dispositif de vigilance de Météo-France ; l'arrêté du 27 mai 2025 le caractérise dès le niveau de vigilance jaune canicule, et aussi en orange et en rouge. Le décret et l'arrêté ont été publiés au Journal officiel du 1er juin 2025 ; pour ce chapitre, les employeurs disposaient d'un mois à compter de la publication de l'arrêté pour se mettre en conformité (article 8 du décret).
L'employeur évalue les risques liés à l'exposition des travailleurs à ces épisodes, en intérieur ou en extérieur, et, lorsque l'évaluation identifie un risque pour leur santé ou leur sécurité, définit les mesures de prévention (article R4463-2). Le texte indique sur quoi se fonde, notamment, la réduction de ces risques (article R4463-3, liste non limitative) : procédés de travail moins exposés, modification de l'aménagement des lieux et postes de travail, adaptation de l'organisation et des horaires, moyens techniques pour réduire le rayonnement solaire sur les surfaces exposées ou prévenir l'accumulation de chaleur dans les locaux ou au poste de travail, eau potable fraîche, équipements de travail et de protection adaptés, information et formation.
En cas d'épisode de chaleur intense, l'employeur fournit une quantité suffisante d'eau potable fraîche (article R4463-4), met en œuvre les mesures de prévention en les adaptant à l'intensité de la chaleur (article R4463-7), adapte ces mesures, en liaison avec le service de prévention et de santé au travail, pour les travailleurs particulièrement vulnérables en raison notamment de leur âge ou de leur état de santé (article R4463-5), et définit les modalités de signalement des malaises et de secours (article R4463-6).
Parmi les leviers cités par l'article R4463-3, deux concernent directement le bâti : l'aménagement des lieux de travail et les moyens techniques qui réduisent le rayonnement solaire sur les surfaces exposées. Ce sont des mesures durables : une fois en place, elles jouent à chaque épisode, sans dépendre de l'organisation du jour.
Dans un bâtiment qui surchauffe, elles se traduisent concrètement par des protections solaires sur les vitrages, le traitement de la toiture (isolation, revêtement réflectif) et la ventilation. L'ADEME et l'INRS détaillent ces solutions sur leur service public Plus frais au travail.
L'évaluation des risques revient à l'employeur. Pour les mesures qui touchent au bâtiment, nous traitons les deux surfaces par lesquelles le soleil chauffe les locaux : la toiture (Cool Roofing, étanchéité réflective) et les vitrages (Azur Reflect, Laque Solaire). Nos équipes interviennent sans interruption d'activité.
Pour documenter l'effet, les températures peuvent être mesurées par sondes : à l'école Jacqueline de Romilly de Cannes, la comparaison entre les classes traitées par Azur Reflect et des classes témoins non traitées a montré une différence moyenne de 3 à 4 °C en faveur des classes traitées lors des pics de chaleur.
Non. Le Code du travail impose une température adaptée à l'activité, en toute saison (article R4223-13), sans chiffre. L'INRS propose 30 °C pour une activité sédentaire et 28 °C pour un travail physique comme repères pour agir en prévention, en précisant que certaines situations peuvent être dangereuses en dessous de 28 °C.
Dès que Météo-France émet une vigilance canicule jaune, orange ou rouge, selon l'arrêté du 27 mai 2025 pris pour l'application de l'article R4463-1 du Code du travail.
Page mise à jour le 27 septembre 2026.
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